maman entrepreneur : travailler avec bébé petit bilan et conseils pour tout concilier

maman entrepreneur : travailler avec bébé conseils pour concilier travail et garde de bébé

Il y a un peu plus d’un an, j’ai accouché de mon quatrième enfant.

Tout juste 2 ans après m’être lancée dans cette aventure d’entrepreneur. Et à peine un an après que l’affaire ait commencé à décoller sérieusement.

Pendant toute cette année, j’ai fait le choix de ne pas faire garder mon bébé pour pouvoir le garder près de moi. Retour sur cette année écoulée.

Comment je me suis débrouillée ?

Les premiers temps, j’ai travaillé avec bébé dans les bras ou au sein. Un coussin posé devant mon clavier, c’est un lit parfait.

Par la suite je travaillais pendant ses siestes, le soir, au petit matin, la nuit. Bref, dès que je pouvais.

Et puis au fur et à mesure qu’elle a grandit, j’ai ressenti le besoin d’avoir du temps de travail sans interruption et surtout, dont les contours seraient définis à l’avance. Parce que les siestes d’Eloïse changaient d’un jour sur l’autre et je trouvais très difficile de devoir constamment m’adapter à des horaires que je ne contrôlais pas.

Alors en septembre dernier, dans la foulée de la réorganisation familiale de la rentrée, j’ai négocié avec mon mari (entrepreneur lui aussi) qu’il prenne 2 matinées par semaine pour s’occuper de la petite. Et nous avons convenu que je travaillerais aussi le weekend. J’ai donc eu des horaires de travail officielles les mercredi, vendredi et dimanche matins jusqu’à 13h.

Avantages de travailler avec un bébé sans mode de garde

Si je l’ai fait, c’est que j’y trouvais mon compte, évidemment. L’avantage principal étant que j’étais avec mon bébé 24/7. J’ai toujours eu du mal à laisser mes bébés en garde trop tôt et le congé maternité français de 10 semaines m’a toujours semblé beaucoup beaucoup trop court.

J’ai pu voir grandir Eloïse, l’allaiter longtemps et être là pour elle toute l’année. Je me suis sentie à ma place, sans devoir me forcer à la quitter pour travailler, sans devoir me scinder en deux ni faire taire une partie de moi-même (maman ou entrepreneur ?).

Pour mes plus grands j’avais choisi le congé parental mais il me manquait la stimulation intellectuelle apportée par le travail à l’extérieur et plus exactement, la sensation d’accomplissement de moi-même. J’aime m’occuper de mes enfants, mais le quotidien avec eux est aussi fait d’un éternel recommencement des tâches qui s’enchainent sans que je n’ai jamais l’impression d’accomplir véritablement quelque chose. Je suis sans cesse en train de recommencer ce que j’ai fait la veille, ou même l’heure précédente. Et à la fin de la semaine, j’ai certes fait 234 calin-bisous, changé 40 couches, essuyé 134 nez qui coulent, donné 82 tétées et nettoyé 24 fois la chaise haute, ça ne me fait pas le même effet qu’un projet, défini dans le temps, que je peux boucler et qui est ensuite fini une fois pour toutes.

L’avantage, donc c’est que cette année, tout en ayant la possibilité d’être avec mon bébé, j’ai eu l’impression d’accomplir des choses. J’en ai même accompli un paquet, je t’en reparlerai peut-être un de ces quatre.

Les inconvénients

Mais évidemment tout n’est pas rose, ça serait trop beau. Cette année a été une année difficile. D’ailleurs elle n’est pas finie : je n’aurai un mode de garde qu’à partir de septembre. Et crois-moi, j’attends septembre avec impatience et ma nounou comme le messie.

Parce que le revers de la médaille, c’est que je suis épuisée. Le fait de travailler le dimanche, le soir, le matin et souvent aussi la nuit m’a donné une impression de travailler sans discontinuer pendant un an, sans congés, sans temps de détente.

Il faut dire que dès que j’avais une minute de temps libre, je fonçais sur mon ordinateur ou mon smartphone pour « vérifier que tout allait bien » et notamment, vérifier que je n’avais pas zappé quelque chose d’important (ce qui est arrivé plusieurs fois).

Le fait d’avoir peu de temps de travail m’a souvent donné l’impression d’être sur le fil, noyée dans ma boîte mail et en permanence dans la réaction aux urgences, sans avoir le temps de me poser. Je n’aime pas travailler comme ça et j’ai trouvé ça très stressant.

Mais ce qui me gêne le plus, c’est que si mon corps était là avec mon bébé, mon esprit, lui, était souvent (pré)occupé. A l’heure du bilan, c’est ce que j’ai le plus de mal à vivre. Me dire que j’étais là sans être vraiment là. Et dans ce cas, à quoi bon tout ça ?

Quand j’en parle autour de moi, on me rassure en me disant que c’est le lot de tout le monde et que c’est probablement aussi lié au fait d’avoir 4 enfants. Peut-être. Pour ma part, je pense que c’est dû au fait de travailler de manière fractionnée : le fait d’être interrompue fréquemment et à des moments imprévisibles fait que j’ai trop rarement l’occasion de fermer mon ordinateur en me disant « c’est bon, j’ai terminé pour le moment ». Forcément, ça n’aide pas pour passer à autre chose.

Il n’empêche que réussir à être présente, vraiment dans le moment, quand je suis avec mes enfants, sans me laisser polluer par des soucis professionnels, c’est ce que j’ai le plus envie de voir arriver dans ma vie actuellement. Un axe de changement pour l’année qui vient, donc.

Quelques conseils

Malgré tout, si c’était à refaire, je referai pareil. Malgré la fatigue et malgré le stress, j’ai conscience de la chance extraordinaire que j’ai de pouvoir concilier bébé et travail.

Si tu t’engages là-dedans toi-même, voici quelques conseils que j’aurais aimé me donner l’année dernière.

  • Prévois-toi un vrai congé maternité et garde-le jalousement des agressions extérieures. Le mien a été pollué par la gestion d’une crise sur le blog et les réseaux sociaux et je garde une certaine rancoeur d’avoir été expulsée violemment de ma bulle de jeune maman par cet événement.
  • N’hésite pas à demander de l’aide ! Que ce soit pour le ménage ou pour quelques heures de babysitting. Les gens sont souvent ravis d’aider, il faut « juste » réussir à leur demander.
  • Prévois tes pauses en premier. C’est ce que je fais désormais et j’aurais du le faire dès le départ : je me prévois des temps de repos d’abord et je fais mon emploi du temps autour ensuite. Pas l’inverse.

Tu peux pas répondre à tous les mails ? C’est ok. (F*ck les mails. Yeah !! Rébellion ! A bas les boîtes mails ! Rock’n roooooollll !) (Hum, je m’égare.)

Tu n’as rien prévu à manger pour ce soir, un mail hyper urgent à envoyer, un formulaire de 2 pages à remplir pour l’école et des enfants affamés ? 2 mots : pizza télé. Non, le PNNS ne sera pas content, mais bon, il faut ce qu’il faut. Et perso, ils me font rire avec leur slogan « manger bouger », j’ai plutôt le problème inverse : faire manger mes enfants sans qu’ils ne bougent trop, pas toi ? (F*ck le PNNS !! Yeah ! Rébellion !! Pizza frites cheesecake à tous les repaaaaas !!)

Tu as (encore) oublié de ramener le cahier de vie à la maîtresse ? C’est pas graaaaave. De toute façon, étant donné que ma fille me raconte sa laïfe en long, en large et en travers de sa petite voix fluette, le cahier de vie de l’école ne m’apprend rien. Même qu’il manque souvent des passages, comme quand Anaëlle lui a dit qu’elle était plus sa copine et que Thomas l’a embêtée et que du coup elle l’a dit à Albane qui a dit qu’elle serait plus la copine de Thomas et que même qu’elle a fait un dessin pour le donner à Albane et sur le dessin y avait un chat bleu parce que le bleu c’est la couleur préféré d’Albane et pis…. (Alors f*ck la maîtresse aussi !!!! Yeah ! Rébellion !!!)

Ok non. Pas la maîtresse. Elle est gentille la maîtresse.

Bon, je te laisse. Je m’en vais rajouter « donne de grosses envie de rébellion » et « amorce de folie » dans la liste des inconvénients à travailler avec un bébé sans mode de garde.

par Anne D. rédactrice web et blogueuse professionnelle

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